L’Événement journal burkinabè : histoire et rôle
19 juillet 2026
L'Événement, journal burkinabè : comprendre une voix libre au cœur de l'Afrique de l'Ouest
Mis à jour le 19/07/2026 par Margot Vidal
L'Événement est l'un des journaux burkinabè les plus reconnus dans le paysage médiatique de l'Afrique de l'Ouest francophone, porté par une tradition de presse indépendante qui s'est construite depuis les années 1990. Pour qui s'intéresse à la culture, à l'économie et aux réalités sociales du Burkina Faso — pays producteur de coton, d'or, mais aussi de fèves de cacao dans ses zones frontalières — comprendre ses médias est une porte d'entrée précieuse sur un territoire en constante transformation.
Qu'est-ce que L'Événement, journal burkinabè ?
L'Événement est un hebdomadaire d'information générale basé à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, qui s'est imposé comme l'une des publications de référence de la presse privée burkinabè depuis sa création. C'est un titre qui traite de politique nationale, d'économie, de société et de culture, avec une ambition affichée d'indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics et des intérêts économiques dominants.
Je me souviens d'avoir croisé ce journal pour la première fois dans les mains d'un délégué commercial lors d'un salon professionnel dédié au cacao à Paris — il lisait un article sur les exportations agricoles ouest-africaines, et ce titre m'avait frappée par sa maquette sérieuse, qui n'avait rien à envier à certaines publications européennes. C'est cette forme de sérieux éditorial qui distingue L'Événement dans un écosystème médiatique africain souvent fragile.
Le journal s'adresse à un lectorat urbain, instruit, soucieux de comprendre les dynamiques qui façonnent le pays. Il paraît en français, langue officielle du Burkina Faso, héritée de la période coloniale française qui a pris fin en 1960 avec l'indépendance.
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Quel est le contexte historique de la presse au Burkina Faso ?
La presse burkinabè contemporaine est le fruit d'une libéralisation progressive entamée dans les années 1990, après des décennies marquées par l'instabilité politique et le contrôle étatique de l'information. Avant l'ère des journaux privés, la presse officielle — incarnée principalement par le quotidien Sidwaya, fondé en 1984 — constituait l'essentiel de l'offre médiatique écrite.
La Constitution de 1991 et les réformes qui ont suivi ont ouvert la voie à une pluralité de titres indépendants. L'Organisation de la Liberté de la Presse en Afrique, ainsi que des instances comme Reporters sans frontières, ont régulièrement documenté l'évolution des libertés de la presse dans la région — avec des hauts et des bas selon les périodes politiques.
C'est dans ce contexte d'émergence que des hebdomadaires comme L'Événement ont pu exister et s'ancrer dans le paysage. Le Burkina Faso compte, selon les estimations des organisations professionnelles de presse africaine, plusieurs dizaines de titres de presse écrite privée, même si beaucoup peinent à assurer une parution régulière faute de ressources publicitaires suffisantes.
| Période | Caractéristique principale de la presse burkinabè |
|---|---|
| Avant 1991 | Presse essentiellement d'État, peu pluraliste |
| 1991–2014 | Libéralisation, émergence de titres privés indépendants |
| 2014–2022 | Effervescence médiatique, mais pressions politiques croissantes |
| Après 2022 | Contexte sécuritaire difficile, pression sur les médias |
Quelle est la ligne éditoriale de L'Événement ?
La ligne éditoriale de L'Événement est celle d'un journal de contre-pouvoir, attentif aux affaires publiques et aux scandales politiques, sans appartenance affichée à un parti ou à un clan. Ce positionnement — difficile à tenir dans un pays où la pression sur les rédactions est réelle — en fait un titre respecté par une partie de la société civile burkinabè.
Ses rubriques couvrent classiquement :
- Politique nationale et internationale : suivi des décisions gouvernementales, des relations diplomatiques de Ouagadougou avec ses voisins et avec la France
- Économie : agriculture, mines, commerce, investissements étrangers
- Société : éducation, santé, droits des femmes, migrations
- Culture : arts, musique, cinéma (le Burkina Faso est célèbre pour le FESPACO, festival panafricain du cinéma et de la télévision)
- Sport : football en tête, mais aussi athlétisme et sports traditionnels
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Comment ce journal couvre-t-il les enjeux économiques locaux ?
L'Événement accorde une place significative aux questions agricoles et commerciales, qui sont au cœur de la vie économique burkinabè. Le Burkina Faso est un pays enclavé dont l'économie repose largement sur l'agriculture vivrière et d'exportation — le coton représente historiquement une part importante des recettes d'exportation, selon les données de la Banque mondiale.
Si le Burkina Faso n'est pas un pays producteur de cacao au sens strict (la production cacaoyère ouest-africaine est dominée par la Côte d'Ivoire et le Ghana, qui représentent à eux deux plus de 60 % de la production mondiale selon l'Organisation Internationale du Cacao), il est en revanche un acteur de la transformation régionale et de la consommation de produits chocolatés. Des articles sur les prix des matières premières, sur les débouchés pour les petits producteurs, sur les accords commerciaux régionaux au sein de la CEDEAO — toutes ces thématiques traversent régulièrement les colonnes du journal.
Ce regard économique incarné, ancré dans des réalités concrètes (le prix du sac de coton au marché, le coût d'un billet pour Abidjan, la fermeture d'une usine de transformation à Bobo-Dioulasso), est ce qui donne à ce type de presse sa valeur irremplaçable : elle dit ce que les statistiques ne savent pas raconter.
Pour en savoir plus sur la manière dont les fêtes du chocolat valorisent les origines africaines du cacao, je vous invite à consulter le programme de La Grande Fête du Chocolat, qui met régulièrement en avant des producteurs et des territoires souvent méconnus du grand public.
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Pourquoi la presse burkinabè est-elle si importante pour la filière cacao-chocolat ?
La presse burkinabè joue un rôle de sentinelle pour une filière cacao-chocolat qui dépend étroitement de la stabilité politique et économique de l'Afrique de l'Ouest. Un journal comme L'Événement, en documentant les tensions sociales, les politiques agricoles ou les accords commerciaux, fournit une information de premier plan pour tous les acteurs économiques de la région — transformateurs, exportateurs, mais aussi les organisateurs d'événements gastronomiques qui souhaitent travailler avec des fèves à traçabilité certifiée.
Il existe une connexion souvent invisible entre la presse locale africaine et les festivals du chocolat qui se tiennent en Europe. Lorsqu'un salon parisien présente du chocolat "origine Burkina Faso" ou "origine Ghana", la chaîne de confiance qui rend cette mention possible passe notamment par la vérifiabilité des conditions de production — et les médias locaux sont parmi les premiers à alerter en cas de dérive (travail des enfants, accaparement foncier, fraude sur les certifications).
Quelques éléments clés à retenir :
- L'Afrique de l'Ouest produit environ 75 % du cacao mondial (source : Organisation Internationale du Cacao)
- Le Burkina Faso est un pays de transit et de consommation dans la chaîne cacaoyère régionale
- Une presse libre et informée contribue à la traçabilité et à la crédibilité des filières agricoles
- Les médias burkinabè couvrent les politiques de certification et les standards internationaux (Fairtrade, Rainforest Alliance) qui intéressent directement les chocolatiers artisanaux européens
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Le paysage médiatique burkinabè aujourd'hui
Le contexte dans lequel évolue L'Événement aujourd'hui est considérablement plus complexe qu'il y a dix ans. Depuis les coups d'État de janvier et septembre 2022, le Burkina Faso traverse une période de transition politique qui a eu des répercussions directes sur la liberté de la presse. Reporters sans frontières (RSF) a documenté des suspensions de médias internationaux et des pressions croissantes sur les journalistes locaux.
Dans ce contexte, la survie de titres comme L'Événement relève presque de l'exploit éditorial. Maintenir une ligne indépendante, assurer la parution, trouver les financements dans un marché publicitaire étroit — tout cela nécessite un engagement qui force le respect.
La presse écrite burkinabè fait également face à des défis structurels communs à de nombreux pays :
- Concurrence numérique : les réseaux sociaux et les sites d'information en ligne ont capté une part croissante de l'audience, surtout chez les jeunes urbains
- Faiblesse du marché publicitaire : les annonceurs privés sont peu nombreux et les annonces publiques sont souvent conditionnées à une couverture favorable
- Distribution : dans un pays où une partie de la population est rurale et parfois éloignée des centres urbains, la diffusion physique reste un défi logistique
- Accès à l'information : obtenir des données officielles vérifiables est souvent difficile dans un contexte de faible transparence institutionnelle
Malgré ces obstacles, le journalisme burkinabè continue de produire des enquêtes, des reportages et des analyses qui comptent — non seulement pour les Burkinabè eux-mêmes, mais pour tous ceux qui cherchent à comprendre une région dont les ressources naturelles, humaines et culturelles irriguent des secteurs aussi variés que l'artisanat, l'agriculture d'exportation et, oui, l'industrie du chocolat.
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Questions fréquentes
Q : L'Événement est-il un journal quotidien ou hebdomadaire ? R : L'Événement est un hebdomadaire burkinabè basé à Ouagadougou, ce qui signifie qu'il paraît une fois par semaine, contrairement au quotidien d'État Sidwaya qui paraît chaque jour.
Q : En quelle langue est rédigé L'Événement ? R : Le journal est rédigé en français, langue officielle du Burkina Faso depuis l'indépendance en 1960, ce qui le rend accessible à l'ensemble du lectorat francophone africain et international.
Q : L'Événement est-il disponible en ligne ? R : Comme beaucoup de titres de presse africaine, L'Événement a développé une présence numérique, mais la disponibilité et la régularité de ses publications en ligne peuvent varier selon les périodes et les ressources de la rédaction.
Q : Quel est le lien entre la presse burkinabè et la filière chocolat ? R : Les médias burkinabè couvrent les politiques agricoles, les accords commerciaux régionaux et les conditions de production dans la zone CEDEAO, qui est le cœur de la production cacaoyère mondiale. Ils contribuent indirectement à la traçabilité et à la crédibilité des filières.
Q : Le Burkina Faso produit-il du cacao ? R : Le Burkina Faso n'est pas un grand producteur de cacao — cette production est dominée par la Côte d'Ivoire et le Ghana. En revanche, il est intégré dans les réseaux commerciaux régionaux de la filière et sa presse couvre régulièrement les enjeux agricoles ouest-africains liés au cacao.
Q : Comment suivre l'actualité de la presse burkinabè depuis la France ? R : Plusieurs agrégateurs d'information africaine, ainsi que les sites des journaux eux-mêmes, permettent de suivre l'actualité burkinabè en temps réel. Des organisations comme RSF ou l'Union de la Presse Francophone (UPF) publient également des analyses régulières sur l'état des médias au Burkina Faso.
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Margot Vidal — Journaliste food et coordinatrice événementielle à Paris, elle couvre depuis plus de dix ans les salons gastronomiques, les filières d'origine et les cultures du goût, avec une attention particulière pour les terroirs africains qui alimentent la grande tradition chocolatière européenne.